Notre métier évolue. Nos responsabilités augmentent. Nos compétences sont réelles. Alors pourquoi nos droits resteraient-ils au minimum du droit commun ?
Le métier de généalogiste est un métier exigeant, qui demande des connaissances, de la rigueur, une éthique irréprochable, de l’autonomie, de la persévérance et de véritables compétences professionnelles.
Recherche dans les archives, analyse de documents, enquêtes, déplacements, exploitation de bases de données, rédaction, relations avec les notaires et les familles : derrière chaque dossier se cachent du travail, du temps et des compétences.
Pourtant, lorsqu’il s’agit de reconnaître ces compétences et de garantir les conditions dans lesquelles elles s’exercent, les salariés de la généalogie restent aujourd’hui trop souvent seuls.
Pas de convention collective : ce n’est pas une fatalité !
Aujourd’hui, les salariés de la généalogie ne disposent pas d’une convention collective spécifique à leur profession.
Ils bénéficient donc principalement des garanties prévues par le Code du travail et le droit commun.
C’est un socle.
Mais un socle n’est pas un toit.
Le droit commun fixe des règles minimales. Il ne prend pas en compte toutes les spécificités d’un métier et ne garantit pas, à lui seul, une véritable reconnaissance professionnelle :
- Pas de grille conventionnelle spécifique permettant de reconnaître les différents niveaux de qualification.
- Pas de minima salariaux construits pour les métiers de la généalogie.
- Pas de cadre professionnel commun négocié pour accompagner les évolutions du métier.
- Pas de garanties collectives adaptées aux réalités de nos emplois.
Ce n’est pas aux salariés de s’adapter indéfiniment à un cadre qui n’a pas été construit pour eux.
C’est à nous de construire le cadre dont nous avons besoin.
Notre métier mérite mieux
La transformation numérique bouleverse les pratiques.
Les outils de recherche évoluent. Les bases de données se multiplient. L’intelligence artificielle a fait son entrée dans nos métiers. Dans le même temps, les exigences de productivité, de délais et de rentabilité augmentent.
Alors posons les bonnes questions :
- Qui reconnaît les nouvelles compétences ?
- Qui accompagne les évolutions professionnelles ?
- Qui garantit que les gains de productivité ne se feront pas au détriment des salariés ?
- Qui fixe les limites à l’utilisation de l’intelligence artificielle ?
- Qui négocie de meilleures rémunérations lorsque les responsabilités augmentent ?
- Qui défend les salariés lorsque les conditions de travail se dégradent ?
La réponse ne peut pas être : chacun pour soi.
Individuellement, nous négocions ou nous essayons de négocier…
Collectivement, nous pouvons imposer.
- Un salarié isolé peut demander une augmentation.
- Un collectif de salariés peut obtenir une grille salariale.
- Un salarié peut demander du télétravail.
- Un collectif peut négocier un accord qui fixe des règles communes.
- Un salarié peut signaler une difficulté.
- Un syndicat peut transformer cette difficulté en revendication collective.
C’est toute la différence entre une relation individuelle et le rapport de force collectif.
Le syndicat n’est pas un prestataire de services.
Il n’est pas là pour régler à la place du salarié chaque problème rencontré.
Il est là pour permettre aux salariés de s’organiser, de se défendre et de conquérir de nouveaux droits.
Une convention collective : voilà un véritable objectif !
Pourquoi accepter que chaque cabinet définisse seul les règles applicables à ses salariés ?
Pourquoi laisser la rémunération, la classification, les parcours professionnels ou certaines conditions de travail dépendre uniquement de la politique de chaque employeur ?
Nous pouvons faire autrement.
Une convention collective spécifique à la généalogie pourrait notamment permettre de négocier :
- une classification des emplois correspondant aux différents métiers et niveaux de responsabilité ;
- des salaires minima conventionnels reconnaissant réellement les compétences ;
- la reconnaissance de l’expérience et de l’ancienneté ;
- des garanties en matière de formation et d’évolution professionnelle ;
- des règles adaptées au télétravail et au droit à la déconnexion ;
- des dispositions concernant la charge de travail et les risques psychosociaux ;
- des mesures concrètes en matière d’égalité professionnelle ;
- des garanties pour accompagner les transformations numériques et l’introduction de l’intelligence artificielle ;
- une protection sociale adaptée aux salariés de la profession ;
- et plus largement, un véritable statut collectif des salariés de la généalogie.
Mais pour négocier, il faut être plusieurs.
Une convention collective ne se décrète pas. Elle se négocie.
Et pour négocier, il faut un rapport de force.
C’est là que chaque salarié a un rôle à jouer.
Adhérer à un syndicat, ce n’est pas seulement se protéger soi-même.
- C’est participer à la construction d’un collectif capable de peser face aux employeurs.
- Plus nous serons nombreux, plus notre parole sera légitime.
- Plus nous serons organisés, plus nous pourrons porter des revendications ambitieuses.
- Plus nous serons mobilisés, plus nous pourrons obtenir des avancées.
Ne laissons pas d’autres décider à notre place
- Les évolutions du métier ne s’arrêteront pas.
- Le numérique continuera de transformer nos pratiques.
- L’intelligence artificielle modifiera certaines tâches.
- Les attentes des employeurs continueront d’évoluer.
La question est donc simple : voulons-nous subir ces transformations ou voulons-nous participer à leur construction ?
Nous avons le choix.
Nous pouvons rester chacun dans notre cabinet, chacun avec nos difficultés, chacun avec nos négociations individuelles.
Ou nous pouvons décider de nous organiser collectivement pour faire entendre la voix des salariés de la généalogie.
Le syndicat, c’est nous !
Un syndicat n’existe pas à côté des salariés.
Il existe par eux et pour eux.
Ce sont les salariés qui font vivre le collectif, qui identifient les problèmes, qui définissent les revendications et qui portent les combats.
- Se syndiquer, c’est rejoindre celles et ceux qui refusent que les choses soient considérées comme immuables.
- C’est faire le choix de la solidarité plutôt que de l’isolement.
- C’est faire le choix de la négociation plutôt que de la résignation.
- C’est faire le choix de construire des droits plutôt que d’attendre qu’ils nous soient accordés.
Alors, faisons entendre notre voix !
- Les généalogistes ont un métier.
- Les généalogistes ont des compétences.
- Les généalogistes ont des responsabilités.
- Les généalogistes ont des revendications.
Et les salariés de la généalogie doivent avoir leur propre voix collective.
Notre ambition doit être claire :
faire reconnaître les métiers de la généalogie, améliorer les conditions de travail, obtenir une meilleure reconnaissance salariale et construire, demain, une véritable convention collective pour les salariés de la profession.
Cela ne se fera pas sans nous.
Alors, organisons-nous, syndiquons-nous au SNPJ-CFDT !
Construisons ensemble les droits des salariés de la généalogie.
Parce que les droits que nous aurons demain seront ceux que nous aurons décidé de conquérir aujourd’hui…
